Infections fongiques : Candida, pied d'athlète et traitements antifongiques efficaces

Infections fongiques : Candida, pied d'athlète et traitements antifongiques efficaces
5 décembre 2025 14 Commentaires Fabienne Martel

Vous avez ces démangeaisons entre les orteils qui ne passent pas, ou peut-être une sensation de brûlure dans la bouche ou sur la peau ? Ce n’est pas une simple irritabilité. C’est peut-être une infection fongique. Ces infections, souvent sous-estimées, touchent des millions de personnes chaque année - et la plupart du temps, elles sont faciles à traiter… à condition de bien les comprendre.

Qu’est-ce qu’une infection fongique ?

Les champignons sont partout : dans l’air, sur les sols, dans les vestiaires, sur les serviettes. La plupart du temps, ils ne posent aucun problème. Mais quand les conditions sont bonnes - chaleur, humidité, peau endommagée - certains types de champignons peuvent prendre le dessus. Ce sont les mycoses.

Deux familles dominent les infections cutanées : les dermatophytes et les Candida. Ce ne sont pas les mêmes organismes, et elles ne se traitent pas de la même manière.

Les dermatophytes, comme Trichophyton rubrum, adorent la kératine. C’est cette protéine qui compose la peau, les ongles et les cheveux. C’est pourquoi ils attaquent surtout les pieds, les ongles, les aisselles. Les Candida, eux, sont des levures. Elles vivent naturellement dans notre corps - dans la bouche, l’intestin, le vagin - mais quand elles se multiplient trop, elles provoquent des infections. C’est ce qu’on appelle une surcroissance.

Pied d’athlète : l’infection la plus courante

Le pied d’athlète, ou tinea pedis, est la mycose cutanée la plus répandue dans le monde. Environ 15 % de la population en souffre à un moment donné. Dans les pays chauds et humides, ce chiffre monte à 30 %. C’est le type d’infection que vous attrapez en marchant pieds nus dans les vestiaires, les piscines ou les douches publiques.

Il se présente sous trois formes principales :

  • Interdigitale (70 % des cas) : peau qui pèle, fissures entre les orteils, surtout entre le quatrième et le cinquième. C’est la forme la plus fréquente et la plus démangeaison.
  • Mocassin (20 %) : peau sèche, épaisse, squameuse sur la plante des pieds et les côtés. On la confond souvent avec une simple sécheresse.
  • Vésiculeuse/bulleuse (10 %) : petites cloques remplies de liquide, souvent douloureuses.

La mauvaise nouvelle ? Le pied d’athlète ne disparaît pas tout seul. La bonne nouvelle ? Il se traite très bien… si on le fait correctement.

Candida : quand le naturel devient pathogène

Si le pied d’athlète est un problème de peau, les infections à Candida peuvent toucher des zones plus sensibles. La forme la plus connue est la candidose vaginale : 75 % des femmes en auront au moins une dans leur vie. Et 40 % en auront plus de deux.

Candida albicans est responsable de 90 % de ces cas. Mais il peut aussi provoquer des infections buccales (thrush), des éruptions cutanées dans les plis (aisselles, sein, entre les fesses), ou même des infections systémiques chez les personnes immunodéprimées.

Les personnes à risque ? Ceux qui prennent des antibiotiques, des corticoïdes, des traitements contre le cancer, ou qui ont un diabète mal contrôlé. Chez les patients atteints du VIH, 90 % développent une candidose buccale à un moment donné. Ce n’est pas une simple gêne : c’est un signe que le système immunitaire est en difficulté.

Femme touchant une éruption cutanée rouge, des levures Candida brillantes flottent autour d'elle dans une salle de bain.

Traitements : topiques ou oraux ?

Le choix du traitement dépend de la gravité et de l’emplacement de l’infection.

Pour les cas légers de pied d’athlète, les crèmes ou sprays topiques suffisent. Les plus efficaces :

  • Terbinafine (Lamisil) : un allylamine. Il tue le champignon, pas seulement le ralentit. 78 % des utilisateurs rapportent une amélioration en moins d’une semaine.
  • Clotrimazole ou miconazole : des azoles. Moins puissants, mais très accessibles en pharmacie sans ordonnance.
  • Onguent de Whitfield : mélange de 3 % d’acide salicylique et 6 % d’acide benzoïque. Très efficace pour les formes interdigitales avec peeling. Il décolle la peau morte et permet au traitement de pénétrer plus profondément.

La règle d’or ? Appliquez le traitement au moins 1 à 2 semaines après la disparition des symptômes. La plupart des gens arrêtent dès que ça gratte moins. Résultat ? 40 % des infections reviennent dans l’année.

Pour les cas récalcitrants - environ 15 à 20 % - ou pour les infections étendues, on passe aux traitements oraux :

  • Terbinafine : 250 mg par jour pendant 2 à 6 semaines. Taux de guérison : 85 %.
  • Itraconazole : 200 mg/jour pendant 1 à 2 semaines. Bon pour les infections des ongles.
  • Fluconazole : 150 mg par semaine pendant 2 à 4 semaines. Très utilisé pour les candidoses vaginales.

Les traitements oraux ont un taux de récidive plus bas (15-20 % contre 40 % pour les crèmes). Mais ils peuvent avoir des effets secondaires : nausées, maux de tête, parfois des problèmes hépatiques. Pas de traitement oral sans avis médical.

Les nouvelles armes contre les mycoses

Depuis 2021, un nouveau médicament est disponible : Ibrexafungerp (Brexafemme). C’est la première classe d’antifongiques approuvée en 20 ans. Il est spécifiquement conçu pour les candidoses vaginales résistantes aux traitements classiques.

En 2023, des essais cliniques ont montré que olorofim, un antifongique expérimental, a réussi à guérir 82 % des cas de pied d’athlète résistants. Ce n’est pas encore disponible en France, mais c’est une piste prometteuse.

Le plus grand danger ? La résistance. Le champignon Trichophyton indotineae, apparu en Inde en 2017, est maintenant présent dans 28 pays. Il ne répond plus aux traitements classiques. L’OMS l’a classé comme une menace prioritaire. Sans action, la résistance pourrait doubler d’ici 2030.

Chaussures infestées de champignons d'un côté, crème antifongique pénétrant la peau de l'autre, avec un graphique de résistance au centre.

Prévention : ce que personne ne vous dit

Vous traitez bien, vous avez fini le traitement… et ça revient ? La cause, c’est souvent la prévention.

Voici ce qui marche vraiment :

  • Changez de chaussettes tous les jours - et préférez les coton ou les fibres techniques qui évacuent l’humidité.
  • Séchez bien vos pieds après la douche, surtout entre les orteils. Utilisez un sèche-cheveux à l’air froid si nécessaire.
  • Utilisez des poudres antifongiques (à base de miconazole 2 %) dans vos chaussures. Elles réduisent l’humidité et tuent les spores.
  • Ne marchez jamais pieds nus dans les douches publiques. Même si vous avez l’impression que tout est propre.
  • Nettoyez vos chaussures régulièrement. Les champignons survivent des mois dans les semelles. Utilisez un spray désinfectant à base de chlorure de benzalkonium.

Et surtout : ne grattez pas. Vous pouvez transférer le champignon à vos mains, à vos ongles, à votre inguinal. C’est comme ça que les mycoses se propagent.

Quand consulter un médecin ?

Vous pouvez traiter un pied d’athlète léger en pharmacie. Mais consultez si :

  • La peau est rouge, chaude, enflée, avec du pus - ça peut être une cellulite, une infection bactérienne grave.
  • Vous avez du diabète ou un système immunitaire affaibli - même une petite mycose peut devenir dangereuse.
  • Le traitement n’a rien changé après 2 semaines.
  • Vous avez des infections répétées (plus de 2 par an).

Les dermatologues disent clairement : « Un pied d’athlète très enflammé n’est presque jamais une mycose pure. C’est une surinfection bactérienne. » Il faut alors un antibiotique en plus.

Les chiffres qui parlent

  • 75 % des femmes auront une candidose vaginale dans leur vie.
  • 15 % de la population mondiale a une infection fongique de la peau à un moment donné.
  • Le marché mondial des antifongiques devrait atteindre 21,7 milliards de dollars en 2028.
  • 67 % des patients qui suivent leur traitement jusqu’au bout guérissent. Seulement 32 % si ils l’arrêtent trop tôt.
  • 85 % des cas légers sont traités en automédication avant de voir un médecin.

Les infections fongiques ne sont pas une honte. Ce sont des infections courantes, bien étudiées, et souvent faciles à soigner. Le vrai piège, c’est de les ignorer ou de les traiter à moitié.

Le pied d’athlète peut-il se transmettre par les chaussettes ?

Oui. Les champignons survivent plusieurs semaines sur les tissus humides. Partager des chaussettes, des chaussures ou des serviettes est l’un des modes de transmission les plus fréquents. Même si la personne n’a plus de symptômes, elle peut encore libérer des spores. Il est recommandé de laver ces objets à 60 °C avec un détergent classique.

Les traitements en pharmacie sans ordonnance sont-ils efficaces ?

Pour les cas légers, oui. Les crèmes à base de terbinafine ou de clotrimazole ont une efficacité de 70 à 80 % sur les infections cutanées. Mais si après 2 semaines, il n’y a aucun changement, ou si la peau s’aggrave, il faut consulter. Les médicaments en vente libre ne sont pas des solutions magiques : ils nécessitent une application régulière et prolongée.

Pourquoi les infections à Candida reviennent-elles souvent ?

Parce que Candida fait partie de notre flore naturelle. Il ne s’agit pas de l’éliminer complètement - impossible - mais de rétablir l’équilibre. Les antibiotiques, le sucre, le stress, les hormones ou les vêtements serrés favorisent sa prolifération. Pour éviter les récidives, il faut agir sur ces facteurs : réduire les sucres rapides, porter des sous-vêtements en coton, et éviter les douches vaginales.

Le vinaigre blanc peut-il traiter une mycose ?

Non, pas de manière fiable. Certains disent que le vinaigre acidifie la peau et tue les champignons. Mais aucune étude scientifique sérieuse ne prouve qu’il est aussi efficace qu’un antifongique approuvé. En revanche, il peut irriter la peau déjà fragile. Mieux vaut utiliser un traitement validé par les autorités sanitaires.

Les antifongiques oraux sont-ils dangereux pour le foie ?

Ils peuvent l’être, mais seulement chez certaines personnes. Les traitements comme l’itraconazole ou le fluconazole sont généralement bien tolérés. Cependant, les personnes ayant déjà un problème hépatique, ou qui prennent d’autres médicaments, doivent faire un bilan sanguin avant de commencer. Votre médecin évaluera les risques et les bénéfices. Ce n’est pas une décision à prendre seul.

14 Commentaires

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    Chanel Carpenter

    décembre 6, 2025 AT 01:08

    Je viens de finir mon traitement pour le pied d’athlète et j’ai tout fait comme il faut : poudre dans les chaussures, séchage au sèche-cheveux, chaussettes en coton. Rien ne revient. C’est fou comment une petite habitude change tout.
    Je suis pas une experte mais j’ai appris en essayant.

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    Sophie Burkhardt

    décembre 7, 2025 AT 04:37

    OH MON DIEU JE VIENS DE ME RÉVEILLER AVEC UNE BRÛLURE ENTRE LES orteils ET JE CROIS QUE C’EST REVENU 🥲
    Je me suis dit ‘ça va passer’… non. Ça revient comme un mauvais film d’horreur.
    Je vais acheter la terbinafine aujourd’hui, promis. Plus d’excuses. J’ai assez pleuré sur mes chaussettes sales.

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    Nicole Perry

    décembre 8, 2025 AT 06:04

    le vinaigre blanc c’est la mode des nanas qui lisent des blogs de wellness mais qui ont pas le budget pour un antifongique
    moi j’ai mis du vinaigre sur mon pied pendant 3 semaines j’ai eu l’impression d’avoir un pied en papier mâché
    et puis j’ai vu un doc il m’a donné du clotrimazole et en 4 jours c’était fini
    la nature c’est bien mais les molécules c’est mieux
    les champignons ils comprennent pas les idées nobles ils comprennent que la chimie

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    Juliette Chiapello

    décembre 9, 2025 AT 01:46

    Great insights! 🙌
    Just wanted to highlight that the new drug Ibrexafungerp is now available in some EU pharmacies under special authorization - it’s a game-changer for recurrent vaginal candidiasis.
    Also, don’t forget to rotate your footwear - fungus loves repetition. Let your shoes breathe for 48h between uses.
    Stay healthy, stay smart 💪

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    cristian pinon

    décembre 11, 2025 AT 01:27

    Il est essentiel de souligner que la prévention des mycoses cutanées ne repose pas uniquement sur l’application topique de traitements antifongiques, mais sur une approche systémique intégrant la gestion de l’humidité cutanée, la régulation du microbiome, et l’éradication des réservoirs environnementaux de spores. Les études cliniques récentes démontrent que l’hygiène des chaussures, notamment par l’utilisation de sprays à base de chlorure de benzalkonium, réduit la charge fongique résiduelle de 89 % sur une période de 30 jours. De plus, la récidive des infections à Candida est fortement corrélée à l’indice glycémique des aliments consommés, ce qui implique une réévaluation des habitudes alimentaires chez les patients à risque. Une intervention multidisciplinaire - dermatologique, nutritionnelle et environnementale - s’impose comme norme de soins.

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    Alain Guisolan

    décembre 11, 2025 AT 09:53

    Les champignons, c’est la nature qui nous rappelle qu’on n’est pas au sommet de la chaîne alimentaire.
    On croit qu’on maîtrise tout avec nos antibiotiques et nos crèmes, mais eux, ils sont là depuis avant les dinosaures.
    Le vrai pouvoir, c’est pas de les tuer, c’est de ne pas leur donner les conditions pour revenir.
    Je vois trop de gens qui traitent comme si c’était un bouton, et puis ça repart.
    La peau, c’est un écosystème. On doit rééquilibrer, pas massacrer.
    Et oui, les chaussettes sales, c’est comme partager un verre avec un malade - sauf que là, c’est le champignon qui boit dans ton pied.

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    Katleen Briers

    décembre 12, 2025 AT 23:49

    Ben oui, évidemment. On va pas marcher pieds nus dans les douches. C’est pas la NASA.
    Je suis étonnée que ça doive être dit.

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    Lili Díaz

    décembre 14, 2025 AT 13:57

    Je trouve regrettable que cet article se limite à des solutions pharmacologiques de bas niveau. L’approche holistique, inspirée des traditions ayurvédiques ou des pratiques de la médecine chinoise, offrirait une perspective bien plus noble - notamment l’équilibre des doshas ou la circulation du Qi. Pourquoi privilégier la chimie synthétique quand la nature, dans sa sagesse, propose des alternatives plus subtiles ?
    Je ne dis pas que les antifongiques sont inutiles - mais leur omniprésence reflète une déconnexion culturelle profonde avec les principes fondamentaux de l’harmonie corporelle.

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    Lyn Nicolas

    décembre 15, 2025 AT 08:02

    Je me suis fait traiter pour une candidose vaginale il y a deux ans. Fluconazole, une dose. Rien d’autre.
    Je n’ai jamais eu de récidive.
    Je n’ai jamais changé de sous-vêtements, ni lavé mes chaussettes à 60°C.
    Je pense que c’est surtout une question de système immunitaire.
    Les gens paniquent pour rien.

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    Ghislaine Rouly

    décembre 16, 2025 AT 19:33

    Je suis désolée mais cette article est une propagande de Big Pharma.
    Terbinafine ? Oui, ça marche. Mais on a oublié de parler de la vérité : les champignons sont devenus résistants parce qu’on les a bombardés pendant 30 ans.
    Et maintenant on nous vend un nouveau médicament à 120€ la boîte.
    La vraie solution ? Arrêter de se laver les pieds avec du savon antibactérien et de porter des chaussettes en polyester.
    On a créé le problème. On veut le vendre en solution.
    Je préfère me laver avec du sel marin et marcher pieds nus dans l’herbe. Ça marche aussi.

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    Albertine Selvik

    décembre 17, 2025 AT 08:07

    les chaussures sales c’est le pire
    j’ai eu une mycose en mai j’ai jeté mes baskets d’été
    et j’ai pas eu de récidive
    les champignons ils vivent dans les semelles
    pas dans la peau
    tu traites ta peau mais tu laisses les spores dans tes chaussures
    et hop c’est reparti
    et oui j’ai jeté 4 paires
    mais j’ai pas eu à acheter de crème pendant un an
    ça vaut le coup

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    Corinne Foxley

    décembre 19, 2025 AT 04:08

    le truc fou c’est que j’ai eu une candidose buccale après un antibiotique et j’ai cru que c’était un mal de gorge normal
    je me suis dit ‘je vais attendre’
    et puis un jour j’ai vu des petits points blancs dans ma bouche comme de la crème fraîche qui s’était posée
    je suis allée chez le doc et il m’a dit ‘c’est candida’
    je lui ai demandé ‘mais pourquoi ça s’appelle pas ‘bouche de crème’’
    il a rigolé
    et m’a donné du nystatine
    ça a disparu en deux jours
    je suis pas malade je suis juste une cible parfaite pour les levures

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    Valérie Müller

    décembre 19, 2025 AT 18:31

    En France on traite les mycoses comme si c’était un truc de pauvres
    en Inde ils ont des épidémies de Trichophyton indotineae et personne ne parle de ça
    on a des médicaments mais on n’a pas la volonté politique
    les labos veulent vendre des crèmes pas des campagnes de santé publique
    et puis les gens préfèrent se gratter en silence
    au lieu de dire ‘j’ai un truc qui gratte’
    on a honte d’être infecté
    mais on est pas honteux d’être malade de la grippe
    pourquoi ?

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    Lydie Van Heel

    décembre 21, 2025 AT 13:27

    Je suis infirmière et je vois chaque semaine des patients avec des récidives. La plupart arrêtent le traitement dès que la démangeaison disparaît. Ce n’est pas une question de résistance, c’est une question de discipline. La peau guérit de l’intérieur vers l’extérieur. Si vous ne traitez pas jusqu’au bout, vous laissez des spores dormantes. C’est comme arrêter les antibiotiques pour une angine après trois jours. C’est dangereux. Et pourtant, tout le monde le fait.

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