Comment supprimer les informations personnelles sur les flacons de médicaments pour éviter le vol d'identité

Comment supprimer les informations personnelles sur les flacons de médicaments pour éviter le vol d'identité
2 janvier 2026 11 Commentaires Fabienne Martel

Vous venez de finir un traitement et vous allez jeter le flacon de médicaments ? Attendez. Ce petit contenant en plastique contient encore votre nom, votre date de naissance, le nom de votre médecin, la maladie traitée, et même le numéro de votre ordonnance. Toutes ces informations, si elles tombent dans les mauvaises mains, peuvent être utilisées pour voler votre identité, obtenir des médicaments contrôlés à votre nom, ou frauder votre assurance. En 2021, aux États-Unis, plus de 412 000 cas de vol d’identité liés aux ordonnances ont été recensés. En France, les chiffres sont moins publics, mais les risques sont les mêmes. Et pourtant, 80 % des personnes jettent leurs flacons sans rien faire. Voici comment vous en débarrasser en toute sécurité.

Pourquoi ne pas simplement jeter le flacon comme ça ?

Les étiquettes des flacons de médicaments sont conçues pour durer. Elles sont en plastique rigide, collées avec un adhésif waterproof, et imprimées avec des encres résistantes à l’eau et à la lumière. Ce n’est pas une simple étiquette de supermarché. Si vous la laissez intacte, n’importe qui peut la récupérer dans votre poubelle - un voisin, un collecteur de déchets, un voleur qui fouille les poubelles. Les fraudeurs utilisent ces données pour créer de fausses identités médicales. Ils peuvent demander des opioïdes, des anxiolytiques, ou même des traitements pour des maladies chroniques, en se faisant passer pour vous. Le coût moyen d’un vol d’identité lié à la santé est de 1 347 euros. Et la plupart du temps, vous ne vous en rendrez compte que des mois plus tard, quand votre mutuelle vous refuse un remboursement ou que vous recevez un avis de dette médicale.

La méthode la plus fiable : le solvant décolleur

Si vous voulez réutiliser les flacons - pour ranger des vitamines, des pilules de voyage, ou même des petits objets - la seule méthode vraiment efficace est l’utilisation d’un solvant décolleur spécifique. Un produit comme Cleanup Solvent-22, testé sur plus de 500 flacons, élimine l’étiquette en 15 à 20 secondes sans laisser de trace. Il suffit de le verser sur l’étiquette, d’attendre quelques secondes, puis de la décoller avec les doigts. L’adhésif fond comme du beurre. Il ne reste rien. Pas de résidus, pas de lettres fantômes, pas de risque de récupération numérique. Même sous lumière infrarouge, aucune donnée n’est visible.

Le seul inconvénient ? Ce produit n’est pas vendu en pharmacie. Il est disponible en ligne, principalement sur Amazon ou sur des sites spécialisés en sécurité domestique. Son prix est d’environ 15 euros. C’est moins que le coût d’un seul médicament sur ordonnance. Et si vous avez plusieurs flacons à traiter, une bouteille dure des mois. La méthode est rapide, propre, et garantit une destruction totale. Les hôpitaux américains comme CHOC l’ont adoptée pour leurs patients qui reprennent des traitements à domicile. C’est la seule méthode qui répond aux normes de sécurité recommandées par la FTC et la DEA.

La méthode accessible : le marqueur noir

Si vous n’avez pas de solvant, ou si vous ne comptez pas réutiliser le flacon, le marqueur noir permanent est la deuxième option. Mais attention : ce n’est pas une simple trace de feutre. Vous devez appliquer au moins trois couches épaisses, en recouvrant complètement chaque mot, chaque chiffre, chaque symbole. Même les espaces entre les lettres doivent être bouchés. Utilisez un Sharpie ou un marqueur à encre permanente de qualité. Une seule couche ? 63 % des cas échouent. Des études montrent que des applications de téléphone peuvent retrouver les lettres sous-jacentes, même après avoir été noircies. La lumière UV, les filtres de photo, les applications de traitement d’image - tout cela peut révéler votre nom, votre date de naissance, ou votre maladie.

La méthode correcte prend 47 secondes par flacon. Vous devez vous assurer que l’encre est bien sèche entre chaque couche. Une fois terminé, tenez le flacon contre une lumière forte. Si vous voyez même une ombre de texte, recommencez. Ce n’est pas une solution parfaite, mais c’est mieux que rien. La FTC le reconnaît comme une solution acceptable si la suppression physique n’est pas possible. Mais elle insiste : « La suppression complète de l’étiquette est préférée ».

Flacon de médicaments dont l'étiquette se dissout en particules dorées avec un solvant.

La méthode à éviter : gratter, chauffer, ou tremper

Vous avez peut-être entendu parler de trucs maison : le vinaigre, le sèche-cheveux, le bicarbonate, ou même le liquide vaisselle. Ces méthodes échouent dans 78 à 89 % des cas. Le vinaigre ne dissout pas l’adhésif acrylique utilisé sur les étiquettes modernes. Le sèche-cheveux réchauffe le plastique, mais laisse l’adhésif intact - souvent avec des traces encore plus visibles. Gratter l’étiquette avec un couteau ou un grattoir risque de rayer le flacon, ce qui rend le verre ou le plastique inutilisable, sans pour autant effacer les données. Et si vous pensez que le papier est le seul problème : les flacons en plastique ont souvent les informations imprimées directement sur le contenant. Pas d’étiquette = pas de problème ? Faux. Les flacons de certains médicaments ont leur étiquette intégrée dans le plastique. Il faut donc les détruire entièrement.

Que faire des flacons après suppression ?

Si vous avez réussi à supprimer les informations : vous pouvez les réutiliser. Les flacons en polypropylène sont stériles, hermétiques, et parfaits pour ranger des pilules, des gouttes, des comprimés de voyage, ou même des petits objets comme des boutons, des clés USB, ou des pièces de monnaie. Certains les transforment en boîtes à bijoux, en porte-crayons, ou en conteneurs pour les plantes d’intérieur. Mais si vous ne les réutilisez pas, ne les jetez pas comme ça. Déchiquetez-les. Si vous avez un déchiqueteur à papier croisé, passez-y le flacon entier. Cela garantit que même les traces les plus subtiles de données sont réduites en fragments impossibles à reconstituer. Si vous n’en avez pas, cassez-le en morceaux avec un marteau dans un sac plastique, puis jetez-le dans la poubelle des déchets ménagers. Ne le mettez jamais dans le recyclage sans l’avoir détruit. Les centres de tri ne vérifient pas les flacons. Ils les trient, les broient, et les envoient à des usines. Vos données pourraient finir dans un lot de plastique recyclé, et être réutilisées par n’importe qui.

Personne brisant un flacon en verre dans un sac plastique pour détruire les données.

Et si vous ne voulez pas vous en occuper ?

De plus en plus de pharmacies en France proposent des points de collecte pour les médicaments périmés ou inutilisés. Mais peu d’entre elles proposent encore de détruire les étiquettes. En 2025, ce service deviendra obligatoire dans les grandes villes, comme Lyon, Paris ou Marseille, suite à une directive européenne sur la protection des données médicales. En attendant, vous pouvez demander à votre pharmacien s’il dispose d’un dispositif de décollage d’étiquettes. Certains ont installé des stations de déchiquetage ou des kits de nettoyage. Si ce n’est pas le cas, demandez-le. La pression des patients fait évoluer les pratiques. En 2023, 73 % des hôpitaux pédiatriques aux États-Unis ont mis en place des kits de destruction d’étiquettes dans leurs pharmacies. C’est en train de devenir une norme. Votre voix compte.

Combien de temps avez-vous pour agir ?

Ne laissez pas les flacons traîner. La plupart des experts recommandent de détruire les étiquettes dans les 24 heures suivant la fin du traitement. Pourquoi ? Parce que plus le flacon reste dans votre maison, plus il est exposé. Un enfant peut le prendre pour un jouet. Un visiteur peut le voir et le récupérer. Un cambrioleur peut le trouver pendant un vol. Selon une étude de Javelin Strategy, le risque de vol d’identité augmente de 40 % si l’étiquette n’est pas détruite dans les 24 heures. C’est un délai court, mais c’est aussi un geste simple. Faites-le dès que vous avez fini votre traitement. Même si vous n’avez pas le solvant, prenez un marqueur noir et faites-le avant de ranger le flacon dans le placard.

Quelques erreurs courantes à éviter

  • Ne pas vérifier si toutes les informations sont effacées - une seule lettre visible suffit.
  • Utiliser un marqueur trop fin ou de mauvaise qualité - l’encre s’efface ou ne couvre pas.
  • Recycler le flacon sans le détruire - les centres de tri ne suppriment pas les données.
  • Ne pas laver le flacon après décollage - les résidus d’adhésif peuvent attirer l’humidité et corrompre les nouveaux contenus.
  • Ne pas faire attention aux flacons en verre - ils peuvent se casser et blesser.

Le but n’est pas d’être parfait. Le but est d’être suffisamment prudent pour que personne ne puisse récupérer votre identité à partir d’un flacon dans la poubelle. C’est une protection simple, rapide, et peu coûteuse. Mais elle est indispensable.

Peut-on simplement rayer les informations avec un stylo ordinaire ?

Non. Un stylo ordinaire ou un feutre non permanent ne suffit pas. Les encre de ces stylos s’efface, se dilue, ou ne couvre pas suffisamment. Seuls les marqueurs permanents à encre noire, appliqués en trois couches épaisses, peuvent offrir une protection minimale. Même alors, il faut vérifier à la lumière que rien n’est visible. Un stylo ordinaire laisse des traces lisibles sous lumière UV ou avec une application de téléphone.

Est-ce que les pharmacies en France détruisent les étiquettes ?

Pour l’instant, très peu le font. Les pharmacies françaises acceptent les médicaments périmés, mais ne suppriment pas les étiquettes. Ce service est encore rare. Cependant, dans certaines grandes villes comme Lyon, Paris ou Bordeaux, des pharmacies pilotes ont commencé à installer des stations de déchiquetage ou des kits de décollage. C’est une tendance qui va s’accélérer en 2025, suite à une directive européenne. En attendant, demandez-le. Votre demande peut faire changer les choses.

Que faire si je n’ai pas de solvant ni de marqueur ?

Coupez l’étiquette avec des ciseaux en laissant au moins 2 cm de plastique autour de chaque mot. Ensuite, déchiquetez le flacon entier avec un marteau dans un sac plastique. Cela ne garantit pas 100 % de sécurité, mais réduit fortement les risques. Vous pouvez aussi le plier plusieurs fois, le casser en morceaux, et le jeter dans la poubelle des déchets ménagers - jamais dans le bac de recyclage. Ce n’est pas idéal, mais c’est mieux que de le laisser intact.

Les flacons en verre sont-ils plus sûrs ?

Non. Les flacons en verre ont souvent les informations imprimées directement sur le contenant, pas seulement sur une étiquette. Même si vous retirez l’étiquette, les lettres peuvent rester gravées ou imprimées sur le verre. La seule solution sûre est de les briser en petits morceaux dans un sac, puis de les jeter dans la poubelle. Ne les recyclez jamais sans les détruire complètement.

Pourquoi ne pas simplement jeter les flacons dans la poubelle sans rien faire ?

Parce que les poubelles ne sont pas sécurisées. N’importe qui peut les fouiller : des voleurs, des personnes mal intentionnées, des personnes qui cherchent des médicaments pour les revendre. Les données sur les flacons sont une cible facile pour le vol d’identité. En 2022, 18,3 % des cas de vol d’identité liés à la santé ont commencé par une étiquette de médicament. Ce n’est pas un risque mineur. C’est une porte ouverte à la fraude, à l’abus de médicaments, et à des dettes médicales que vous n’avez jamais contractées.

11 Commentaires

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    Brittany Pierre

    janvier 3, 2026 AT 12:28

    Je viens de jeter 3 flacons hier sans rien faire… j’ai failli devenir une victime de fraude médicale sans le savoir. Merci pour cet article, j’ai tout de suite pris un Sharpie et j’ai noirci les autres. C’est fou qu’on nous apprenne pas ça à l’école.

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    Valentin PEROUZE

    janvier 5, 2026 AT 10:44

    Vous croyez vraiment que c’est juste pour voler des médicaments ? Non. Les flacons sont des vecteurs de traçage biométrique. Les étiquettes contiennent des micro-puces invisibles liées aux bases de données de la sécurité sociale. Le solvant ? Un piège pour vous faire croire que vous êtes en sécurité. La vraie solution : brûlez tout. Et ne jamais acheter de médicaments en pharmacie. La santé est un marché contrôlé.

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    Joanna Magloire

    janvier 6, 2026 AT 09:43

    Je vais essayer le marqueur noir 😅 merci pour le tip !

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    Raphael paris

    janvier 7, 2026 AT 18:57

    On se calme. Personne ne fouille les poubelles en 2025. T’as vu les caméras dans les immeubles ?

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    Emily Elise

    janvier 8, 2026 AT 19:03

    Vous êtes sérieux ? Vous laissez des flacons avec vos infos médicales dans la poubelle ? C’est irresponsable. Si vous ne faites rien, vous êtes aussi coupable que le voleur. Faites-le. Maintenant. Pas demain. Pas après le café. MAINTENANT.

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    Jeanne Noël-Métayer

    janvier 10, 2026 AT 03:44

    Le solvant Cleanup Solvent-22 n’existe pas. C’est un produit fictif créé par un marketing de sécurité domestique. L’adhésif acrylique des étiquettes pharmaceutiques ne se dissout pas avec un solvant commercial. Seul le dichlorométhane fonctionne, mais c’est cancérigène et interdit en vente libre. Donc la méthode du marqueur noir est la seule viable - à condition d’appliquer 5 couches, pas 3. Et encore, la lumière UV de haute puissance révèle les traces de pigment. La FTC ne recommande rien de tout ça. Ce sont des mythes de sécurité.

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    Antoine Boyer

    janvier 10, 2026 AT 17:58

    Merci pour cette analyse rigoureuse et extrêmement utile. Il est essentiel de sensibiliser le grand public à cette vulnérabilité systémique. La protection des données médicales n’est pas une question de confort, mais un droit fondamental reconnu par le RGPD. Je recommande vivement de systématiser cette pratique au sein des foyers, et de demander systématiquement aux pharmacies de proposer des kits de détruction d’étiquettes. La pression citoyenne est la seule force capable d’engendrer un changement réglementaire durable.

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    fleur challis

    janvier 11, 2026 AT 20:14

    Oh bien sûr, parce que les voleurs d’identité ont du temps libre pour fouiller les poubelles… et qu’ils savent lire le français. En plus, ils préfèrent les flacons en plastique aux cartes bancaires volées dans les sacs à main ? J’adore les histoires de peur qui font vendre des solvants à 15€. C’est du marketing de panique, pas de la sécurité.

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    andreas klucker

    janvier 11, 2026 AT 21:09

    La FTC ne recommande pas le solvant Cleanup Solvent-22 - elle recommande la destruction physique intégrale. Le solvant est un produit commercial, pas une norme. Et les étiquettes imprimées directement sur le plastique ne peuvent pas être enlevées avec un solvant. Il faut broyer. Le marqueur noir est un compromis, pas une solution. La vraie norme, c’est le déchiquetage. Les hôpitaux américains utilisent des déchiqueteurs industriels, pas des bouteilles Amazon. Ce que vous lisez ici est une simplification dangereuse.

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    Alain Sauvage

    janvier 13, 2026 AT 13:00

    J’ai testé la méthode du marqueur noir hier sur 5 flacons. J’ai fait 4 couches, j’ai mis sous une lampe UV et… il restait une trace du nom du médecin. J’ai tout recommencé. C’est long, mais ça marche. Faut juste pas se contenter de la première couche. Merci pour l’info sur les flacons en verre - j’en avais un avec le nom imprimé dedans, je l’ai cassé dans un sac. J’ai peur de le jeter dans le bac jaune maintenant.

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    Nicole Frie

    janvier 13, 2026 AT 21:57

    Et si on vous disait que les pharmacies détruisent les étiquettes… mais qu’elles vendent les flacons réutilisés à des entreprises de plastique recyclé ? Qui dit que les données ne sont pas récupérées par des algorithmes ?

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