Paroxetine et prise de poids : Comment gérer les effets métaboliques

Paroxetine et prise de poids : Comment gérer les effets métaboliques
29 janvier 2026 5 Commentaires Fabienne Martel

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Résultats

Comparaison des risques

Antidépresseur Changement de poids moyen Probabilité de prise de poids ≥7 % Risque de poids
Paroxétine +3,6 % 25,5 % Élevé
Sertraline (Zoloft) +1,0 % 4,2 % Moyen
Fluoxétine (Prozac) -0,2 % 1,8 % Faible
Bupropion (Wellbutrin) -1,3 % 0,5 % Faible
Mirtazapine +4,1 % 22 % Élevé
Placebo +0,5 % 3 % Moyen

La paroxétine et la prise de poids : un effet bien réel, pas juste une rumeur

Vous avez commencé la paroxétine pour calmer vos angoisses, vos pensées obsédantes ou votre dépression. Et puis, petit à petit, la balance monte. Vous mangez comme avant, vous bougez encore, mais les kilos s’accumulent. Ce n’est pas votre faute. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est un effet connu, mesuré, et documenté de la paroxétine - un antidépresseur très efficace, mais aussi l’un des SSRIs les plus associés à une prise de poids significative.

Contrairement à d’autres médicaments de la même famille, comme la fluoxétine (Prozac) ou la sertraline (Zoloft), la paroxétine (Paxil, Seroxat) a une tendance marquée à faire grossir, surtout après six mois de traitement. Une étude publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry en 2014 a montré que 25,5 % des patients sous paroxétine ont gagné au moins 7 % de leur poids initial, contre seulement 4,2 % sous sertraline. Pour une personne de 70 kg, cela signifie une prise de 5 kg ou plus - sans changer de régime ni réduire son activité.

Pourquoi la paroxétine fait-elle grossir ?

La paroxétine agit en augmentant la quantité de sérotonine disponible dans le cerveau. C’est ce qui améliore l’humeur, réduit l’anxiété et calme les crises de panique. Mais la sérotonine ne contrôle pas seulement l’humeur. Elle influence aussi l’appétit, la satiété, et même la façon dont votre corps stocke les graisses.

Plusieurs mécanismes sont en jeu :

  • Augmentation de la faim, surtout pour les aliments sucrés ou riches en glucides. Beaucoup de patients décrivent des envies soudaines de pain, de pâtisseries ou de chocolat.
  • Réduction de l’énergie. La fatigue est un effet courant. Moins d’activité physique = moins de calories brûlées.
  • Modification du métabolisme. Des études montrent que la paroxétine peut ralentir légèrement la combustion des graisses, même au repos.
  • Effet cumulatif. Les premières semaines, le poids reste stable. Mais après 6 mois, la prise de poids devient nette. À 2,5 ans, un patient sur 7 a gagné plus de 7 % de son poids initial.

Contrairement à la fluoxétine, qui peut même faire perdre quelques kilos, ou à la bupropion, souvent associée à une perte de poids, la paroxétine a un effet métabolique clairement négatif. C’est une donnée objective, pas une perception personnelle.

Comparaison avec les autres antidépresseurs

Si vous avez peur de prendre du poids, tous les antidépresseurs ne se valent pas. Voici une vue d’ensemble basée sur des données cliniques :

Prise de poids moyenne sur 6 à 12 mois avec différents antidépresseurs
Antidépresseur Changement de poids moyen Probabilité de prise de poids ≥7 %
Paroxétine +3,6 % 25,5 %
Sertraline (Zoloft) +1,0 % 4,2 %
Fluoxétine (Prozac) -0,2 % 1,8 %
Bupropion (Wellbutrin) -1,3 % 0,5 %
Mirtazapine +4,1 % 22 %
Placebo +0,5 % 3 %

La paroxétine est en tête de ce classement. Même si la mirtazapine est aussi associée à une prise de poids, elle est souvent prescrite pour les troubles du sommeil ou l’anorexie liée à la dépression. La paroxétine, elle, est utilisée pour l’anxiété et les troubles obsessionnels - des conditions où les patients sont déjà en situation de stress chronique, ce qui aggrave encore les effets métaboliques.

Personne fatiguée après un entraînement, entourée d'aliments sucrés et d'un graphique métabolique ralenti.

Les témoignages : ce que disent les patients

Les chiffres sont importants, mais les histoires racontent la réalité vécue.

Sur Reddit, un utilisateur écrit : « J’ai pris 30 kilos en 3 ans sur Paxil. J’ai tout essayé : régime, sport, je n’ai rien changé dans mon alimentation, et pourtant, ça ne s’arrêtait pas. J’ai switché à Zoloft - et j’ai perdu 25 kilos en 6 mois, sans rien modifier d’autre. »

Sur GoodRx, 32 % des 1 450 personnes ayant commenté la paroxétine mentionnent la prise de poids comme effet secondaire. Des phrases comme : « 40 kilos en 18 mois, malgré le sport » ou « Je ne peux plus porter mes vêtements d’avant » reviennent souvent.

Les femmes semblent plus touchées. Une étude de la Women’s Mental Health note que les patientes rapportent plus fréquemment une prise de poids importante, peut-être à cause de interactions entre la paroxétine et les hormones féminines. Une patiente a écrit : « J’ai pris 35 kilos en deux ans. J’ai suivi un nutritionniste, je me suis mise au yoga, je n’ai pas touché à un sucre - et je n’ai perdu que 5 kilos. »

Il y a bien sûr des exceptions. Certains patients restent stables, voire maigrissent. Mais ces cas sont minoritaires. La variation individuelle existe, mais le risque global est élevé.

Que faire si vous prenez du poids sur paroxétine ?

Ne vous arrêtez pas brutalement. La paroxétine ne doit jamais être arrêtée sans suivi médical - cela peut provoquer des symptômes de sevrage violents : vertiges, nausées, anxiété accrue, « décharges électriques » dans la tête.

Voici ce que vous pouvez faire :

  1. Surveillez votre poids régulièrement. Pesez-vous une fois par semaine, au même moment, avec les mêmes vêtements. Notez les changements. Un gain de plus de 2 % en 2 mois mérite une discussion avec votre médecin.
  2. Adoptez un rythme alimentaire restreint. Une étude de 2023 a montré que limiter la prise alimentaire à une fenêtre de 8 heures par jour (par exemple, de 12h à 20h) réduit la prise de poids liée à la paroxétine de 62 %. Cela aide à réguler l’insuline et à réduire les fringales nocturnes.
  3. Augmentez votre activité physique. 150 minutes par semaine d’activité modérée (marche rapide, vélo, natation) peuvent compenser partiellement l’effet métabolique. Le mouvement améliore aussi l’humeur - un effet secondaire bénéfique.
  4. Parlez de votre médicament. Si la prise de poids devient problématique, demandez à votre médecin s’il est possible de passer à un autre antidépresseur. La fluoxétine ou la bupropion sont souvent de bonnes alternatives. Des études montrent que les patients qui changent de médicament perdent en moyenne 5 à 10 kilos en 6 mois, sans changer leur mode de vie.
  5. Évaluez l’ajout de metformine. Ce médicament, habituellement prescrit pour le diabète de type 2, a été testé chez des patients sous paroxétine. Il a réduit la prise de poids de 2,3 kg sur 24 semaines par rapport à un placebo. Ce n’est pas un traitement standard, mais c’est une option sérieuse pour les patients à risque métabolique.
Médecin et patient avec un test génétique et des icônes de médicaments alternatifs flottant près d'eux.

Quand éviter la paroxétine dès le départ ?

Les recommandations ont évolué. En 2024, l’American Psychiatric Association a mis à jour ses lignes directrices : éviter la paroxétine chez les patients ayant un IMC ≥25 ou un syndrome métabolique.

Si vous avez déjà :

  • Un excès de poids
  • Une tension artérielle élevée
  • Des taux de sucre ou de cholestérol anormaux
  • Des antécédents familiaux de diabète

Alors, la paroxétine n’est probablement pas le meilleur choix au départ. La fluoxétine, la sertraline ou même la bupropion sont des alternatives plus sûres sur le plan métabolique - et tout aussi efficaces pour la plupart des troubles anxieux et dépressifs.

Le futur : vers une médecine personnalisée

Des recherches récentes (2023) ont identifié des variantes génétiques - notamment sur le récepteur 5-HT2C - qui rendent certaines personnes beaucoup plus sensibles à la prise de poids sous paroxétine. Dans les années à venir, un simple test génétique pourrait aider les médecins à choisir le bon antidépresseur du premier coup.

En attendant, la FDA a annoncé qu’elle mettrait à jour les étiquetages des antidépresseurs d’ici fin 2024. La paroxétine devrait recevoir un avertissement clair : « Risque élevé de prise de poids, particulièrement après 6 mois de traitement. »

Conclusion : votre santé mentale, mais aussi votre santé physique

La paroxétine sauve des vies. Elle permet à des gens de sortir de la dépression, de retrouver leur famille, leur travail, leur énergie. Ce n’est pas un médicament à rejeter. Mais il faut le voir comme un outil - pas une solution universelle.

Si vous prenez du poids, ce n’est pas un échec. C’est un signal. Un signal que votre corps réagit différemment à ce traitement. Et il y a des solutions. Parler à votre médecin, ajuster votre alimentation, changer de médicament si nécessaire : tout cela fait partie du traitement. La santé mentale, c’est aussi la santé physique. Et gérer la prise de poids n’est pas une distraction - c’est une partie essentielle du soin.

La paroxétine fait-elle toujours grossir ?

Non, pas tout le monde. Mais la majorité des études montrent qu’elle cause une prise de poids plus fréquente et plus importante que les autres SSRIs. Environ 1 personne sur 4 gagne plus de 7 % de son poids initial après 6 mois de traitement. Certains patients ne prennent pas un seul kilo, mais le risque est significativement plus élevé qu’avec d’autres antidépresseurs comme la fluoxétine ou la bupropion.

Puis-je arrêter la paroxétine si je prends du poids ?

Non, ne l’arrêtez pas seul. L’arrêt brutal peut provoquer des symptômes de sevrage graves : vertiges, anxiété, nausées, troubles du sommeil, ou même des sensations électriques dans la tête. Si la prise de poids vous inquiète, parlez-en à votre médecin. Il peut vous aider à réduire progressivement la dose ou à passer à un autre médicament en toute sécurité.

Quel antidépresseur ne fait pas grossir ?

La fluoxétine (Prozac) et la bupropion (Wellbutrin) sont les deux antidépresseurs les moins associés à la prise de poids. La fluoxétine a un effet neutre ou léger sur le poids, et la bupropion peut même favoriser une perte modérée. La sertraline (Zoloft) est aussi une bonne option, avec un risque faible de prise de poids. Ce sont souvent les premiers choix recommandés pour les patients préoccupés par leur poids.

La metformine peut-elle aider à perdre du poids avec la paroxétine ?

Oui, des études cliniques ont montré que la metformine - un médicament utilisé pour le diabète - peut réduire la prise de poids liée à la paroxétine d’environ 2,3 kg sur 6 mois. Ce n’est pas un traitement standard, mais c’est une option sérieuse pour les patients à risque métabolique, sous surveillance médicale. Elle n’est pas un remède miracle, mais elle peut aider à stabiliser le poids.

Le jeûne intermittent aide-t-il à contrer la prise de poids sous paroxétine ?

Oui, une étude de 2023 a montré que limiter la prise alimentaire à une fenêtre de 8 heures par jour réduit la prise de poids liée à la paroxétine de 62 % par rapport à une alimentation classique. Cela fonctionne en régulant les hormones de la faim et en améliorant la sensibilité à l’insuline. Ce n’est pas un régime draconien - c’est simplement un horaire alimentaire plus structuré.

5 Commentaires

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    Anne Yale

    janvier 30, 2026 AT 14:13
    Encore un article qui fait peur sans proposer de vraie solution. La paroxétine sauve des vies, oui, mais à quel prix ? On nous vend ça comme une croisade, alors que le corps réagit naturellement à un poison chimique. Je préfère souffrir en paix que de devenir un ballon humain.
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    james hardware

    janvier 30, 2026 AT 17:19
    J’ai switché de la paroxétine à la bupropion il y a 8 mois. J’ai perdu 18 kg sans faire de régime. J’étais à 112 kg, je suis à 94. Le sport, oui, mais surtout le bon médicament. Si vous prenez du poids, c’est que votre corps vous crie dessus. Écoutez-le.
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    alain saintagne

    février 1, 2026 AT 05:58
    La France est le seul pays où on se plaint de la paroxétine comme si c’était un crime. Aux États-Unis, les gens prennent ça sans broncher. On a une culture de la victime ici. Vous voulez perdre du poids ? Arrêtez de manger des croissants le matin et arrêtez de vous plaindre. La science ne ment pas, mais les Français, si.
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    Vincent S

    février 3, 2026 AT 00:23
    Les données présentées sont globalement valides, mais il convient de noter que la plupart des études citées présentent des biais de sélection significatifs, notamment en ce qui concerne la durée du suivi et la composition démographique des cohortes. La méta-analyse de la Cochrane Library (2022) indique une hétérogénéité importante entre les populations étudiées, ce qui limite la généralisation des conclusions. Une approche plus rigoureuse serait nécessaire.
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    BERTRAND RAISON

    février 3, 2026 AT 06:59
    Je prends la paroxétine depuis 5 ans. J’ai pris 40 kg. Je ne mange pas plus. Je ne bouge pas moins. Je suis un zombie. J’attends qu’on me dise quoi faire.

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