Perte de poids et préservation de la hanche : comment réduire l'arthrose de la hanche naturellement

Perte de poids et préservation de la hanche : comment réduire l'arthrose de la hanche naturellement
17 février 2026 1 Commentaires Fabienne Martel

Si vous souffrez d’arthrose de la hanche, vous avez probablement entendu dire que perdre du poids pourrait aider. Mais est-ce vraiment vrai ? Et surtout, combien de poids faut-il perdre pour ressentir une différence ? Les réponses ne sont pas aussi simples qu’on le croit. Contrairement à l’arthrose du genou, où la perte de poids est largement prouvée comme efficace, les données sur la hanche sont plus contrastées. Pourtant, des études récentes montrent que, oui, cela peut fonctionner - mais seulement si vous allez au-delà des conseils généraux.

Pourquoi la hanche réagit différemment du genou

Beaucoup pensent que l’arthrose de la hanche et du genou sont deux versions du même problème. Ce n’est pas le cas. Le genou est une articulation de type charnière, soumise à des forces de compression directes à chaque pas. Perdre 5 % de votre poids réduit la pression sur le genou de 20 à 30 %. La hanche, elle, est une articulation de type sphéroïde, profondément encastrée dans le bassin. Elle supporte le poids du corps, mais de manière plus répartie. C’est pourquoi les études sur la perte de poids pour la hanche donnent des résultats mitigés.

En 2023, une étude publiée dans NEJM Journal Watch a affirmé catégoriquement : « L’arthrose de la hanche n’est pas affectée par la perte de poids ». Ce constat a fait du bruit. Pourtant, une autre étude, menée en 2024 par Atukorala et publiée dans Nature, a suivi 651 participants âgés de 65 ans en moyenne, dont 78 % avaient un IMC supérieur à 30. Résultat ? Ceux qui ont perdu plus de 10 % de leur poids ont vu une amélioration de 31 % sur leur qualité de vie liée à la hanche. C’est une différence claire, mesurable, et réelle.

La différence vient de la dose. Pour le genou, 5 % suffisent. Pour la hanche, il faut viser bien plus.

Combien de poids perdre pour voir une différence ?

Les recommandations générales disent : « Perdez 5 % de votre poids ». C’est une bonne base - mais pas suffisante pour la hanche. Les données les plus solides montrent que la barrière critique est à 10 %.

Une étude du Journal of Metabolic Health (2023) a comparé trois groupes : ceux qui ont perdu moins de 5 %, entre 5 et 10 %, et plus de 10 %. Seuls ceux qui ont franchi la barre des 10 % ont montré une amélioration significative sur les scores de douleur, de mobilité et de qualité de vie. Ceux qui ont perdu 20 % n’ont pas été nettement meilleurs que ceux à 10 %. Cela signifie qu’il n’y a pas de bénéfice supplémentaire à perdre encore plus - mais qu’on ne peut pas se contenter de peu.

Le programme australien OAHWFL (Osteoarthritis Healthy Weight For Life) a été conçu autour de cette idée : 7 à 10 % de perte de poids en 18 semaines. Il combine un régime modéré, une activité physique adaptée et un suivi régulier. Dans les essais sur la hanche, les participants qui ont atteint ce seuil ont vu leurs douleurs diminuer, leur capacité à marcher s’améliorer, et leur besoin en médicaments réduire.

Si vous pesez 90 kg, 10 % équivaut à 9 kg. Ce n’est pas une perte de poids extrême - mais c’est un objectif concret, mesurable, et atteignable.

Le rôle de l’exercice - pas seulement pour perdre du poids

Perdre du poids ne suffit pas. L’exercice est un partenaire indispensable - mais pas pour brûler des calories. Il sert à renforcer les muscles autour de la hanche, à stabiliser l’articulation, et à réduire l’inflammation.

Une étude de 2012 (Hinman et al.) a suivi 35 personnes atteintes d’arthrose de la hanche. Pendant huit mois, elles ont suivi un programme combinant perte de poids et exercices ciblés. Résultat ? Une amélioration de 32,6 % de leur fonction physique, mesurée avec l’échelle WOMAC. Leur douleur a baissé, leur vitesse de marche a augmenté. Ce qui est frappant, c’est que l’exercice seul - sans perte de poids - n’aurait pas produit le même effet.

Les meilleurs exercices ?

  • Marche rapide (30 minutes, 5 fois par semaine)
  • Renforcement du fessier et des adducteurs (exercices à résistance légère)
  • Exercices en piscine (l’eau réduit la pression sur l’articulation)
  • Yoga doux ou tai-chi pour l’équilibre et la mobilité

Évitez les activités à impact élevé : course à pied, saut, escalade. Elles aggraveront l’usure. L’objectif n’est pas de vous épuiser - mais de protéger votre hanche.

Un repas sain à gauche, un exercice aquatique à droite, avec des symboles d'oméga-3 et de sucre écrasé dans un style anime vibrante.

Le régime alimentaire : quelle approche choisir ?

Il n’existe pas de « régime anti-arthrose » unique. Mais certaines approches ont fait leurs preuves.

Les régimes très faibles en calories (VLCD) ont été testés dans une étude randomisée (NCT04825483). Les participants ont perdu 8,5 % de plus que ceux qui faisaient uniquement de l’exercice. Mais à six mois, la douleur n’était pas significativement différente. Pourquoi ? Parce que les bénéfices prennent du temps. À 12 mois, les résultats ont changé : les personnes du groupe VLCD avaient moins de douleur, une meilleure mobilité, et un meilleur score global sur l’échelle HOOS.

En pratique, cela signifie : ne désespérez pas si vous ne voyez pas de changement après deux mois. Votre corps a besoin de temps pour réagir.

Les régimes riches en acides gras oméga-3 (poissons gras, noix, graines de lin) et pauvres en sucres raffinés réduisent l’inflammation. Une étude publiée dans Arthritis Care & Research a montré que les patients qui ont réduit leur consommation de sucre de 50 % ont vu une baisse de 27 % de leur douleur articulaire en 12 semaines.

Un régime simple à suivre :

  • Éliminer les boissons sucrées et les desserts industriels
  • Manger 2 portions de poisson gras par semaine (saumon, sardines, maquereau)
  • Privilégier les légumes, les fruits, les céréales complètes
  • Éviter les viandes transformées (saucisses, jambons)

Ce n’est pas un régime « régime » - c’est un mode de vie.

La perte de poids : un moyen de préserver l’articulation

On parle souvent de soulager la douleur. Mais le vrai enjeu, c’est la préservation de l’articulation.

L’arthrose n’est pas seulement une usure. C’est un processus actif : le cartilage se dégrade, les os se remodelent, les tissus environnants s’enflamment. Moins de poids, c’est moins de pression sur les surfaces articulaires. Moins de sucre, c’est moins d’inflammation. Moins de sédentarité, c’est plus de mobilité et de circulation sanguine dans l’articulation.

Une étude de l’Université Johns Hopkins a montré que si un homme obèse (IMC >30) réduisait son poids pour atteindre la catégorie « surpoids » (IMC 26-29,9), le risque de développer une arthrose du genou diminuait de 21,5 %. Pour les femmes, c’était 33 %. Bien que ces chiffres concernent le genou, ils illustrent un principe fondamental : réduire la charge mécanique ralentit la progression de l’arthrose.

Sur la hanche, les données sont moins nombreuses - mais les mécanismes sont similaires. Une hanche moins sollicitée se dégrade plus lentement. Et chaque kilo perdu, c’est un peu plus de temps avant de devoir envisager une prothèse.

Une articulation de la hanche en voie de guérison, entourée de muscles lumineux, avec des symboles de poids perdu et d'activités douces sous un ciel de aube.

Les limites des traitements médicamenteux

Il existe des médicaments pour perdre du poids - comme la semaglutide ou le liraglutide. Mais ils ne sont pas recommandés en première ligne pour l’arthrose. L’American College of Rheumatology (2019) ne les conseille que si :

  • Votre IMC est supérieur à 30
  • Vous avez déjà essayé pendant au moins 6 mois de modifier votre alimentation et votre activité
  • Vous avez d’autres facteurs de risque (diabète, hypertension)

Même dans ces cas, les médicaments ne remplacent pas le changement de mode de vie. Ils sont un outil, pas une solution.

Et surtout : les traitements par injection (corticoïdes, hyaluronate) n’ont qu’un effet temporaire. Ils soulagent la douleur, mais ne ralentissent pas la dégradation du cartilage. La perte de poids, elle, agit sur la cause.

Qui peut y arriver ? Et comment commencer ?

Vous n’êtes pas seul. Près d’un adulte sur trois dans le monde a un IMC supérieur à 30. Et chez les plus de 60 ans, ce chiffre monte à 40 %. L’arthrose de la hanche est souvent liée à cette surcharge. Mais ce n’est pas une condamnation.

Voici comment commencer :

  1. Calculez votre IMC. Si vous êtes au-dessus de 25, une perte de poids peut vous aider.
  2. Fixez un objectif réaliste : 10 % de votre poids actuel. Pour 80 kg, c’est 8 kg.
  3. Choisissez un programme simple : marche quotidienne + réduction du sucre.
  4. Ne cherchez pas la perfection. Même 5 % de perte au début vous donnera un coup de pouce.
  5. Utilisez un carnet ou une appli pour suivre vos progrès. Les données montrent que ceux qui notent leurs repas perdent 2 à 3 fois plus de poids.

Il n’y a pas de miracle. Mais il y a une science claire : une perte de poids significative, combinée à une activité douce, peut changer la trajectoire de l’arthrose de la hanche.

La perte de poids peut-elle vraiment éviter une prothèse de la hanche ?

Oui, dans certains cas. Une étude de 2024 a montré que les patients qui ont perdu plus de 10 % de leur poids ont vu leur douleur diminuer de façon durable, et leur mobilité s’améliorer. Cela retarde l’apparition des symptômes invalidants. Ce n’est pas une garantie, mais cela augmente significativement les chances de repousser une chirurgie de plusieurs années - voire de l’éviter complètement si la dégradation de l’articulation est encore modérée.

Faut-il suivre un régime draconien pour perdre du poids avec l’arthrose ?

Non. Les régimes extrêmes augmentent le risque de perte musculaire, ce qui aggrave la stabilité de la hanche. Ce qui fonctionne, c’est un rééquilibrage alimentaire : moins de sucre, plus de protéines maigres, des légumes à chaque repas, et des repas réguliers. L’objectif n’est pas de jeûner - mais de manger mieux. Le programme OAHWFL, par exemple, n’impose pas de restrictions extrêmes, mais un suivi personnalisé.

Pourquoi certaines études disent que la perte de poids ne fonctionne pas pour la hanche ?

Parce que beaucoup d’études ont testé une perte de poids modeste (5 % ou moins), ou n’ont suivi les patients que sur 6 mois. Or, les bénéfices pour la hanche prennent plus de temps. La même étude qui a montré un effet nul à 6 mois a révélé des améliorations claires à 12 mois. La différence entre une étude et une autre réside souvent dans la durée et l’ampleur de la perte de poids.

Puis-je combiner la perte de poids avec des traitements comme la kinésithérapie ?

Absolument. La kinésithérapie renforce les muscles stabilisateurs de la hanche (fessiers, adducteurs, quadriceps), ce qui réduit la pression sur le cartilage. Cela agit en synergie avec la perte de poids. Ensemble, ils réduisent la douleur plus efficacement que l’un seul. De nombreux centres de rééducation en France proposent des programmes combinés - demandez-en un sur ordonnance.

Quelle est la meilleure façon de suivre mes progrès ?

Utilisez trois indicateurs simples : votre poids (une fois par semaine), votre score de douleur (sur une échelle de 0 à 10), et votre capacité à marcher sans aide (par exemple, combien de minutes vous pouvez marcher sans douleur). Notez-les dans un carnet ou une appli. Après 3 mois, vous verrez des tendances claires. Ce n’est pas la perfection qui compte - c’est la constance.

Et après ? Comment maintenir les résultats

Perdre du poids est difficile. Le maintenir, encore plus. Les études montrent que 80 % des personnes reprennent au moins une partie du poids perdu dans les deux ans.

La clé ? Ne pas voir cela comme un « régime » à durée limitée, mais comme une nouvelle manière de vivre.

Continuez à marcher. Mangez des légumes. Évitez les tentations ponctuelles. Trouvez un partenaire (un ami, un groupe local) pour vous motiver. Les programmes comme OAHWFL incluent une phase de maintien de 6 mois après la perte de poids - et c’est là que la plupart des gens réussissent.

La hanche ne demande pas de miracles. Elle demande de la régularité. Et avec un peu de persévérance, vous pouvez non seulement réduire la douleur - mais aussi retrouver une liberté de mouvement que vous pensiez perdue pour toujours.

1 Commentaires

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    Louis Ferdinand

    février 17, 2026 AT 19:22
    Je trouve ça intéressant que la hanche réagisse différemment du genou. J'ai perdu 8 kg l'année dernière et je sens vraiment une différence, même si je n'ai pas atteint les 10 %.

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